Véra MOLNAR

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Vera Molnar est une artiste d’origine hongroise, née à Budapest en 1924. Elle est considérée comme un précurseur de l’art numérique et de l’art algorithmique. Imprégnée d’un héritage pictural caractéristique de l’Europe de l’Est, elle s’installe à Paris en 1947 afin de développer une œuvre expérimentale et fortement engagée. Elle vit à Paris, où elle poursuit sa carrière artistique. Elle est représentée à Rennes par la galerie Oniris et à Paris par la galerie TORRI.

1942-47 : études à l’École des Beaux-arts de Budapest

1946 : premier tableau abstrait

1960  : co-fondatrice du CRAV.

1967 : co-fondatrice du groupe Art et Informatique / Institut d’Esthétique et des Sciences de l’art, Paris

1968 : premiers travaux sur ordinateur

1976 : première exposition personnelle / Galerie de l’École Polytechnique, Londres

1995 : expo [211], Galerie Oniris , Rennes (avec Morellet + Knifer)

1999 : première grande exposition monographique / Credac, Ivry-sur-Seine

2002 : premier One-Man-Show à la FIAC Paris, stand Oniris

2004 : exposition rétrospective / Wilhem-Hack-Museum, Ludwigshafen (All) + Fondation Salomon pour l’Art Contemporain / Alex (avec Julije Knifer)

2006 : Kunsthalle de Brême (All). Membre fondateur de l’OSAS (Open Structures Art Society) à Budapest.

2009 : Frac Lorraine / Metz

2012 : Musée des beaux-arts de Rouen et Centre d’art contemporain de Saint-Pierre-de-Varengeville

 

Collections publiques et privées

Galerie Nationale, Budapest, H
Musée des Beaux-Arts, Budapest, H Bibliothèque Nationale, Zagreb
Worcester Art Museum, Mass. USA
Universita Degli Studi Macerata, I
FRAC Poitou-Charentes, F
Université de Paris I, Sorbonne, Présidence Bibliothèque Nationale, Paris
Museum Wroclaw, P
Fondation Camille, Paris
Fonds National d’Art Contemporain, Paris Staatliche Kunstsammlung Dresden, Dresde, D Musée Municipal, Cholet, F
Carré Estampes, Luxembourg, L
Stiftung für Konkrete Kunst, Reutlingen, D Bibliothèque Nationale de Tokyo
Hochschule für bildende Künste, Saar, D „Sammlung E“ Musée d’Ottendorf, D

Musée de la Peinture, Grenoble, F
Sainsbury Center for Visual Arts, Norwich, GB Wilhelm-Hack Museum, Ludwigshafen, D Forum Konkrete Kunst, Erfurt, D
FRAC Bretagne, F
Artothèque Lyon, F
Artothèque La Roche sur Yon, F
Artothèque Annecy, F
Artothèque Miramas, Marseille, F.
Musée de Rennes, F.
FRAC Nord/Pas de Calais, F
Mondrianhuis, Amersfort, NL
Musée Xantus, Györ, H

“Les éléments de base de mon travail sont des formes géométriques simples: des carrés, des rectangles ainsi que leurs transformés. Déjà aux Beaux-Arts je les utilisais à la grande consternation de mon maître, peintre „fauve“ sage et rangé. Les raisons de mon choix et de ma fidélité sont multiples.

La première est d’ordre émotionnel; je ressens une attirance irrésistible à l’égard de la pureté cristalline des formes élémentaires et de la transparence des constructions qu’elles peuvent engendrer. Ce monde visuel géométrique a peut-être pour moi le rôle psychologique de faire pièce au flou, à l’incertitude, à l’ignorance dans lequel l’homme est plongé.

La deuxième raison de mon choix est de nature moins affective. Toute activité picturale repose sur l’idée que la juxtaposition sur une surface de formes colorées permet parfois d’obtenir un arrangement particulier qui est autre chose qu’une juxtaposition banale de formes banales. Cette situation visuelle privilégiée, qui rend émouvante une portion de surface, est nommée art. L’utilisation de formes élémentaires et normalisées permet de contrôler pas à pas la genèse de l’image et de tenter de localiser l’instant où le „fait d’art“ émerge. Pour traquer cet inconnu à l’aide d’une démarche claire, l’ordinateur est un outil tout à fait approprié.

L’emploi de formes géométriques se justifie enfin par une autre raison: leur présence dans le tableau dissuade le spectateur d’y projeter toutes sortes d’interprétations littéraires ou symboliques, de „déposer des notes sous mes vers“ comme le redoutait Victor Hugo.

Il faut cependant regarder la réalité en face. Aucune donnée scientifique, aucun résultat expérimental n’ont encore prouvé à ce jour que ce qui est régulier soit beau et que ce qui est beau soit de l’art. Il ne faudrait pas s’installer trop rapidement dans la religion de la simplicité, ni se complaire dans une introspection esthétique voluptueuse en fabriquant en toute béatitude du chewing-gum oculaire.

L’art géométrique peut, effectivement aboutir à diverses mystiques, dont l’histoire de l’art connaît beaucoup d’exemples, mais il peut aussi prendre la direction diamétralement opposée: celle des sciences exactes. Le matériau pictural choisi étant aisé à manipuler, il peut inciter à faire de l’expérimentation rigoureuse et transformer ainsi l’artiste illuminé en chercheur en art.

Peu encline à la dévotion mystique et curieuse de nature j’ai relevé le défi et choisi délibérément cette deuxième voie.”

Vera Molnar, Avril 1986

>> http://www.veramolnar.com

 

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